Stacks Image 29052

L'histoire est d'abord déclinée en géométrie. Les photographies de Yvon Buchmann sont surprenantes par son aptitude à combiner la photographie "humaniste" avec une rigueur formelle où les connexions potentielles jouent un rôle non secondaire.

Le résultat est une construction d’images presque parfaite, dans laquelle l'objectif semble être la recherche d'un équilibre stylistique entre les sujets qui y vivent et l'espace environnant. Tout, les personnes, les objets, les ombres et les lumières qui séparent l'espace pour enrichir un récit où, parfois il y a comme une ironie spontanée, est capté .

Les équilibres, toujours présents comme un dosage pour une image réussie. Une image qui ne manque pas de respect pour les grands de la photographie qu’on devine que Yvon Buchmann a aimé - et dont il a assimilé la leçon - quand, dans son travail, il laisse tomber les signes «Bressoniens» du moment où tout est composé et prend des effets visuels évocateurs.

La «forme», dit-on. Chez Yvon Buchmann, la composition est sacrée: tout doit être révélé dans ce rectangle que nous appelons la photographie; et en tant que tel, devenant un objet autonome, il prend la dignité du travail qui devient une réalité artistique. Mais ce qui est le plus surprenant dans le travail de Yvon Buchmann, c'est la géométrie rigoureuse, les perspectives les plus lourdes qui nous invitent à un dynamisme immobile et un regard attentif sur les détails.

Jetez un oeil à la photo « Africaine". Ici, Yvon Buchmann est loin d'être complaisant, d'une empathie facile pour juste offrir l'élément ethnographique à nos émotions. Rien de tout ça. Dans ces images, la cohérence stylistique constante rencontrée au cours de son travail est maîtrisée. Aucune exception. Comme une récurrence, la contrainte qui voit encore la construction de l'image soumise à une géométrie invisible, mais que nos yeux savent saisir s'ils veulent imaginer une grille virtuelle des lignes.

L’image avec un tabouret pitoyable sur le sol tandis qu'un robinet est sur le point de le surmonter est emblématique à cet égard : c'est le sommet sur lequel convergent les droites proches des angles supérieurs, tandis que la perspective contribue à donner une profondeur à l'image.

Cette photographie correspond à celle dans laquelle un homme assis sur un banc observe un avion. Regardez l'image: un côté de la clôture en haut à droite de la photo suggère l'infini ; Le Rocher de Gibraltar situé dans son angle naturel et dont l'avion semble avoir pris l'élan nécessaire pour décoller, devenir - c'est la sémiotique - son prolongement orographique naturel.

La photographie d'Yvon Buchmann est surprenante. Et il convainc. Le souffle est large et éclectique, et la démarche produit un document qui obéit à la composition, que nous trouvons proches de la perfection.


Giuseppe CICOZZETTI

Stacks Image 29054

The story first, declined in geometry. French photographs by Yvon Buchmann are surprising for the ability to combine "humanist" photography with formal rigor where prospective conjunctions play a non-secondary role.

The result is an almost perfect construction of images, in which the objective seems to be the search for a stylistic balance between the subjects living there and the surrounding space. Everything, people, objects, shadows and lights dividing space together to enrich a narrative where, sometimes, there is a spontaneous irony, soon captured.

Balances, to be always present as a dosage for a good image success. An image that does not lack respect for the greats of photography and that Yvon Buchmann reveals that he has loved - and absorbed the lesson - when in his work he lets out the "Bressonian" signs of the moment in which everything is composed and takes on a visual and evocative effect.

The "shape," it was said. In Yvon Buchmann the composition is sacred: everything must be revealed in that rectangle that we call photography; and as such, becoming an autonomous object, he takes on the dignity of work becoming an artistic reality. But what is most surprising in Yvon Buchmann's work is the rigorous geometry, the heaviest perspectives that invite us to an unmoving dynamism and a careful look at detail. And the sidereal distance from the commonplace.

Take a look at the "African" photo. Here Yvon Buchmann is far from complacency, easy empathy or offering the ethnographic element to our emotions. Nothing about this. In these images, the consistent stylistic coherence encountered during his work is overcome. No derogation. And here is the recurrence of a constraint that still sees the construction of the image subjected to an invisible geometry but that our eyes know how to grasp if they want to imagine a virtual grid of lines.

And it is emblematic, in this regard, the picture with a pitiful stool at the bottom, while a rooster is about to overcome it: it is the vertex on which the straight lines close to the high corners converge, while the perspective helps to give depth to the image.

This photograph corresponds to the one in which a man sitting on a bench observes an airplane taking off. Look at the picture: a side of the fence from the top right of the photo and leaves suggestions of infinity; the Rock of Gibraltar stands out in its natural obliquity and from which the plane seems to have taken the rush needed to take off, becoming – that’s what semiotic says - its natural orographic continuation.

Yvon Buchmann's picture is surprising. And it convinces too. The breath is wide and eclectic, and the commitment is extended to a documentary that responds to the composition, that we find close to perfection.


Giuseppe CICOZZETTI

Stacks Image 29021
Stacks Image 29011
Stacks Image 28994
Stacks Image 28996
Stacks Image 28998
Stacks Image 29029
Stacks Image 29031
Stacks Image 28961