Terrain vague et vague à l’âme

Ce n'est plus au centre-ville, ce n'est pas encore une campagne.
C'est la périphérie, un endroit où la ville s'oublie. Toutes les villes en ont un, tous sont identiques. Dans la riche cité de Bâle, le "Holzpark" borde les eaux du Rhin, mais il n'y a aucun poète disposé à chanter ses jours.
Pendant une longue période de l'année, tout s'arrête: L'atmosphère est pesante, sensation de mal-être intérieur, terrain vague et vague à l'âme.
Puis, soudainement, quand reviennent les beaux jours, à la faveur du soleil, tout s'anime et reprend vie.
Le "Holzpark" devient alors un rassemblement d'artistes : la musique, les terrasses improvisées, l'odeur des saucisses grillées, les promeneurs qui semblent investir cet endroit pour se soustraire aux attraits trompeurs de la ville toute proche.
Le "Holzpark", pour une courte période, trouve sa revanche, pas la ville, qui le maintient loin de lui-même mais sur les habitants, invités à voir la renaissance d'une place dans un lieu, une ville dans la ville.